lundi 5 mai 2008

un week end entre mer et montagne

Le Salvador est un de ces pays où il est facile de passer de la mer à la montagne en 45 bus et autant de minutes.

On a failli aller aux manifestations pour le 1er mai, plus de 20 bus partaient de Suchi pour la capitale, et puis non, la perspective vacances l’a emporté…

Nous sommes donc partis en direction du plus haut village du Salvador, Alegria (1700 mètres), jeudi matin, après un petit déjeuner typique bien sûr… Les protagonistes, nous, les trois petits français coopérants de Apoyo ; Dani, la copine argentine de Julien ; et Koki, un ami salvadorien de la maison que celui-ci fréquente depuis plus longtemps que nous/locataires, c’était un package, Koki et la maison ! On prend tout, ou rien …

Bref, nous voilà sur les routes, et bien vite arrivés au pied de Alegria, reste la montée à effectuer et un bus toutes les heures : lors d’une petite pause à déguster un licuador (milk shake avec les fruits locaux) au pied de la montagne, on fait la rencontre d’une petite vieille qui doit monter également à Alegria ; l’avantage de parler la langue des locaux, c’est qu’on adopte les méthodes adaptées à la situation beaucoup plus vite. En la matière, j’ai découvert la pratique du stop auprès des pick-up qui passent devant les présupposés « arrêt de bus » où on attend patiemment (ça commence à s’éclaircir un peu le fonctionnement, mais ce n’est pas super évident…). Grimpette en pick-up donc, les cheveux au vent et l’air qui se rafraichît au fur et à mesure de la montée, un vrai bonheur !

Nous voilà arrivés dans un petit village au charme incontestable ; on se met en quête d’un toit, et c’est carrément une petite maison pour nous 5 qu’on va trouver, à prix raisonnable. La propriétaire nous a laissé la clef et on ne l’a revue que le lendemain. Avec une cuisine à disposition, Koki a pu nous faire profiter d’un talent certain en matière de préparation de petit dèj’, je suis définitivement fan… !

Après le traditionnel riz/poulet du midi (seul plat à moins de deux dollar dans ce pays, qui se trouve à peu près dans n’importe quel kiosque ou petit comedor (stade avancé du resto de rue)), on se met en route pour la lagune de Alegria qui se trouve en altitude, mais dans un volcan, ça je ne sais pas, l’ascension était brumeuse et je ne me suis pas bien rendue compte de par où nous passions. Pendant le déjeuner, le mari de la dame qui faisait à manger nous à fait la causette et nous à raconter des légendes sur cette lagune, avec des histoires de sirènes, de mirage… La lagune est connue pour son eau avec du souffre ; le paysage est un brin apocalyptique, mais un fond musical et quelques gens du coin qui sont venus profiter du jour férié démystifient les lieux. Nous ne nous lasserons pas de cet air frais, assis sur un coin de cailloux, à faire des ricochets et à manger des galettes rose et verte fluo de la taille d’un ballon de basket, mais toute plates.

Voilà, la principale attraction d’Alegria étant sa lagune, on s’est remis en route dès le lendemain matin pour 45 nouveaux bus, direction la baie de Jailisco, et une île que Koki connaît mais qui n’apparaît sur aucune carte. Nous avons beau être un peu sceptiques, on arrivera à bon port après avoir pris notre dernier moyen de locomotion, une pirogue à moteur, avec un plaisir certain !

Nous arrivons donc sur une île qui respire le calme. Un petit ponton bien photogénique, deux bungalows au confort rudimentaire, des toilettes sèches et des hamacs, le décor est planté pour deux jours complets de farniente car il n’y a absolument rien à faire sur cette île ! On a marché les pieds dans l’eau sur des kilomètres, on s’est baigné à n’en plus pouvoir tantôt dans les eaux calmes de la baie, mais aussi plus loin, sur la plage immense où les vagues reprennent leurs droits et où il n’y a rien d’autres que des troupeaux de vaches et de chevaux qui passent.

Samedi matin, on a pris notre petit dèj de céréales et de lait (achetés dans un centre commercial à un arrêt de bus puisqu’il n’y a rien sur cette île) sur la plage, accompagnés de noix de coco fraîches, sans âme qui vive aux alentours…

Et puis Julien m'a laissé donner libre cours à mon inspiration avec un ciseau sur ses cheveux, le résultat lui plait, j'en avais toujours rêvé, je l'ai fait!

De retour sur l’heure de midi, on croise des pêcheurs qui viennent d’attraper deux énormes raies. Ils les vendent à un prix dérisoire, à peine un dollar. Julien l’a ramenée et il a demandé à la cuisinière de nous la préparer, ce fût un vrai succès. Et quel plaisir de manger autre chose que du riz avec du poulet ! Afin de faire des économies,

on mange systématiquement des pupusas le soir, c’est ce qui se fait de moins cher et pour l’instant, je ne m’en lasse pas ; dans la mesure où c’est la spécialité nationale,
ça se trouve même sur une île riquiqui.





Les gens vivent dans des petites baraques qui donnent toujours l’impression de ne pas être finies. Les enfants passent leur journée à jouer dans l’eau, je n’ai pas pensé à demander s’ils allaient à l’école parce qu’on était en WE. Les cochons bicolores viennent aussi se rafraîchir au bord de l’eau. De nombreux bateaux colorés sont arrimés sur la plage, probablement utilisés à des fins de pêche ; ils portent des noms qui nous ont bien fait rire, du genre turbo special, primera classe… Un tantinet loin de la réalité !

Et puis sonnera l’heure du retour, des bus qui se laissent clairement moins appréciés dans ce sens; arrivés à Suchitoto, on décide de se faire plaisir et d’aller manger dans un restaurant argentin qui n’est ouvert que le dimanche. Julien et Dani connaissent bien les propriétaires et on a mangé comme des rois une viande succulente et cuisine à merveille! Et puis rangement de la maison, 2 sacs de fringues à laver à la main, toutes les choses qui vous font réaliser que les délires sur une île déserte, ce n’est pas la vraie vie !

Quand je m’apprête à aller me coucher, j’aperçois non sans faire un saut de deux mètres en arrière Camille sur le mur extérieur principal. La joie passée d’avoir pu faire une photo pour attester à vos yeux de la présence d’une mygale dans la maison, j’apprécie nettement mois sa façon de se déplacer sur ce mur comme si elle était une habituée des lieux et je commence à me dire que l’accès à mon lit n’a rien d’impossible pour elle. A vrai dire, je n’ai pas bien dormi cette nuit, allez savoir si c’est la faute à Camille ou au trop plein de sommeil du WE qui a fait beaucoup de bien…

4 commentaires:

Unknown a dit…

Nos podiras indicar lo que significa la bandera europea debajo de "centro de operaciopnes de emergencia" en esta pequena isla perdida al otro lado del Mundo?

Jimmy a dit…

genre il parle espagnol... on aura tout vu :-)

Félicitation pour ton récit, Aurélie : on rêve d'excursion lointaine, d'île déserte, de plage abandonnée... bref de coquillages et crustacés. (il faut voir dans cette phrase une référence hautement culturelle).

Sacrées photos en plus!

bonne continuation (!)

mel a dit…

je me suis laissée bercée....c'est magique comme dans ton récit tout à l'air atemporel!
Vive la nature, les machines à laver et vive toi !!

mel a dit…

oups la faute d'orthographe!!