Ce titre aurait-il déjà un arrière-goût de nostalgie ? Mais non que diable, « Todo va bien » comme on passe nos journées à le dire aux gens d’ici… !
Le WE ne s’est finalement pas déroulé comme annoncé plus tôt. Nous nous étions donné RDV avec Damien, mais Julien ne répondait pas au message envoyé par Laure et on s’est demandé si le portable de Laure, en mode international, marchait vraiment. Et puis, on était posées tranquillou sur la place du village, enveloppée par une chaleur épaisse qui ne laissent aux heures les plus chaudes de l’après-midi que deux possibilités : la sieste à l’ombre (option retenue pour samedi) ou lecture, également à l’ombre, au bord d’une piscine (option retenue pour dimanche !). C’est bien une crise de flemagite aigüe qui nous a prise, et nous sommes restées paresser dans le creux de Suchitoto tout le WE. Après la petite sieste de samedi, nous sommes quand même décidées pour un peu d’exercice : à la découverte du Lac Suchitlan. Nous avons descendu en une petite demi-heure la route pavée et ombragée qui mène jusqu’au lac, immense lac, passage d’oiseau migrateur, et entouré de petits enclos où nous ferons une surprenante rencontre. Arrivées au bord du lac, une petite prise nous submerge de plaisir, et les champs qui s’étendent à perte de vue, remplis de déchets que les locaux ne semblent même plus voir, nous submergent de tristesse : quel potentiel pour quel gâchis. Nous comprenons plus clairement tout ce que nous avons pu lire sur les projets d’aménagement de la ville auparavant. S’il s’agit non seulement d’apporter aux gens des tuyaux qui permettent une évacuation des eaux usées, de l’eau potable ou autre service, il s’agit aussi de protéger ce lac, vivier de nourriture pour les hommes et les animaux, et qui semble pollué à n’en plus vouloir.
C’est encore un espace au potentiel touristique extraordinaire, comme nous avons pu le constater dimanche. Notre rue mène justement au lac, et toute la journée, voitures individuelles venues de la capitale mais aussi bus locaux se sont relayés pour trimbaler (ce mot est juste compte tenu de l’état de la route, pavée et bruyante..) les gens jusqu’au lac. Nous habitons également à coté d’un restaurant qui profite d’une vue magnifique sur les effluents du lac (comme nous…) pour attirer la clientèle.
Un petit tour et puis s’en va, nous remontons la côte jusqu’à la maison pour y passer une calme soirée.
Dimanche matin, le lever se fait plus tardif, le jour du Seigneur est aussi l’occasion pour les locaux de se reposer un peu. A 8h, nous sommes prêtes à réattaquer la descente au lac pour explorer l’autre côté cette fois-ci. Au bord du lac, des hommes aux allures de bon vivant venu droit de la capitale, se sont installés pour pêcher. Nous les croisons et espérons juste qu’ils ne pêcheront rien, ou que du mauvais-pas-bon-pas-comestible pour ne pas tomber malade.
Nous évoluons maintenant hors sentier, quand venus de nulle part (comprendre les fourrés indescriptibles qui composent une sorte de jungle, le versant qui tombe à pic de la route vers le lac)déboulent au galop deux petits poneys. Une jument et son poulain et fait, deux petits chevaux d’ici, qui ont l’air en toute liberté. Ils s’approchent de nous, curieux, mais ne semblent pas avoir envie de se frotter à des mains expertes en matière de caresses de poney. Dommage, mais la mère protège son petit, c’est normal. Nous continuons, mais sans chaussures de marche, cela devient délicat. Au détour d’un arbre dont l’ombre nous soulage quelques minutes, nous croisons pour la première fois des représentants plus spécifique de la faune du lac : deux petits oiseaux tout colorés que j’imagine d’abord être des perroquets. Non, pas vraiment en fait, et ils vont beaucoup trop vite pour être observés de prêt. Nous en verrons d’autres, j’espère pouvoir faire un cliché quand je me déciderai à prendre mon appareil avec moi ; pour l’instant, je pense à mes yeux avant de vous faire rêver, c’est sans doute un peu égoïste mais je préfère profiter et découvrir les choses avant de les photographier.
Le non-chemin commence à se faire difficile, le passage d’une rivière avec nos sandales (ouiiii, nous sommes partis en randonnées en sandale, blondes que nous sommes !) ne nous motivent plus trop et on se dit, de mauvaise foi, qu’il faut en garder pour plus tard ! Alors nous optons pour une traversée de barbelé pour passer dans un autre champs qui grimpe en pente raide, on ne sait trop où exactement, mais on n’espère ne pas grimper pour rien !
Bingo, le tout arrive à la route qui mène à notre maison, et d’un passage secret, un !!
Après la série crapahutage, on se décide pour l’option farniente de la piscine. A deux dollar l’entrée, nous dénichons une petite place sympathique ; la vue ne donne pas sur le lac, mais l’air est frais, nous sommes avec une grand-mère et ses 5 petits-enfants, tout est calme pour passer une excellente après-midi. J’avance le livre que Solenn m’a offert avant de partir, Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre…
En rentrant à la maison, nous avons le plaisir de retrouver Julien. On lui raconte notre week-end, il sait que nous nous sommes tapées l’affiche à ramener un bureau dans tous le village vendredi soir, après le boulot, les locaux lui en ont parlé : si nous achetons des meubles, c’est que nous sommes installées pour un bout de temps ! Il nous raconte le concert que nous avons manqué, et puis sa copine argentine débarque pour un gouter-diner digne d’une fin de dimanche. Petits toast avec fromage frais, tomate et avocat, puis salade de fruits. Nous avons regardé tous ensemble un film allemand sous-titré en espagnol (le mélange détonnant pour le cerveau !), Emma Glück, qui est superbe, on a tous pleuré à la fin et on est parti se coucher sans dire un mot, il est des moments comme ça où le silence est roi.
Et j’ai réalisé ce matin que mon cyber-café ne serait jamais ouvert avant le boulot. Bon, du coup, je ferai des sessions à midi et demi (20h30 en France) ou à 16h, minuit chez vous, mais les quelques truffes ou maman insomniaques seront au rendez vous j’espère ! Je vous remets mon pseudo skype d’ailleurs, parce que je m’étais trompée dans le mail. C’est aurelie.abegg
Besos a todos
Aurelia (à l’espagnol, comme on m’appelle ici…)
2 commentaires:
"Todo ESTA bien", Camarade, Esta !!! "Va" no existe, aùn en Salvador, me parece !
Sinon, n'oublies pas que, même si la réponse n'estpas immédiate, elle sera rarement longue à venir !
Et voila, même a l'autre bout de a planéte, elle attire les chevaux.
Faut que l'on t'expédie ta selle par avion?
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