lundi 14 avril 2008

Journal de terrain : première visite à Colima


Nous nous sommes rendues pour la première fois ce vendredi après-midi à Colima, notre deuxième terrain de travail, pour une rapide prise de contact avec les interlocuteurs principaux.

Alors je pourrais commencer par repartir sur le mode vietnamien et sur la conduite des chauffeurs d’ici. Quoique ce serait être un peu langue de vipère puisque nous avons utilisé une voiture de la mairie, et Oscar, le chauffeur, n’aura tenté qu’une poignée de dépassements hasardeux. La route est sinueuse, et ponctuée de paires de dos d’ânes de compet’ au niveau de chaque école. Environ 40 minutes de trajet seront nécessaires pour arriver à la première halte, Los Angeles, du nom du premire hameau que compte Colima. Nous y rencontrons Wilfredo, le conseiller municipal du canton, un jeune à l’air dynamique qui habite dans l’un des coins les plus reculés du Canton. Nous y croisons aussi Oscar, la cinquantaine, un visage magnifique et des yeux bleus à me faire crever le coeur, et c’est rare par ici.... Nous le recroiserons très certainement et j’ai hâte de faire un portrait de lui !

Après une rapide discussion qui fixe notre prochain RDV à Colima, mardi prochain, nous nous rendons à la Hacienda. La Hacienda est la vieille maison coloniale qui se trouve au coeur de Colima. Ne vous imaginez pas un petit bourg tout bien organisé autour d’une église, on est plutôt dans une situation de pauvreté extrême, des routes de terre, des hameaux coupés par un axe de circulation intense, des maison précaires, de grands jardins qui servent d’espace de vie où règnent quelques très beaux arbres, dont des manguiers qui arrosent en cette saison le sol de leurs fruits juteux et sucrés à souhait.

Au pied de la hacienda, un parc avec deux petits chevaux pies, des criollos, avec une tête très fine. Immédiatement, une idée nous passe par la tête avec Laure : pourquoi ne pas monter ces petits chevaux pour nos visites de terrains dans les coins les plus retranchés, ou le soir, après une bonne journée de travail, un petit galop sur les terrains plats du lac qui sont en ce moment découverts et qui sont des terres fertiles ?

Nous découvrons la Hacienda avec plaisir. C’est une grande maison en carré, avec un immense patio intérieur, et une piscine immense à l’extérieur. Ce lieu sera destiné à accueillir des touristes quand des efforts auront été fait pour la promotion de la région. Nous nous attendions à négocier aprêment notre squat ici pour les sessions de trois jours de travail par semaine qu’on compte se faire à Colima, du moins les premières semaines. Et en fait, Mauricio, le responsable, nous propose presque spontanément de nous héberger lors de nos visites. Mais c’est formiadable ! « Amenez vos bouteilles d’eau, elle n’est pas potable ici (rectification = polluée au métaux lourds, mais tout le monde la boit), vous pourrez vous faire à manger, on a une cuisine, et puis il y a une délégation de gringos (américains) qui arrivent en juin, pour un peu de compagnie. vous savez conduire, on peut vous prêter la voiture pour le terrain quand personne ne peut vous accompagner... » et à moi de dire plus bas en plaisantant « o los caballos... ».

Bref, le travail s’annonce difficile, psychologiquement et techniquement, mais on semble bien entourées et nous avons un lieu mignon comme tout qui nous sert de base de retranchement en cas de craquage... Le lac monte sur les terres immergées jusqu’à la Hacienda à la fin de la saison, peut-être le verra-t-on au plus haut.

On fait un rapide tour des hameaux avec Don Ahi, qui sera sans doute un de nos guides de terrain. On passe devant une réunion de village, une concertation probablement. Nous serons amenées à participer à ce genre de réunion, peut être même à en organiser pour la partie diagnostic participatif. On continue notre petit tour, on croise des troupeaux de vaches emmenées tantôt par un couple de papis, tantôt par un gamin monté sur un poney avec un vague licol sur le nez...

Voilà, premières impressions sur Colima, et l’envie croissante d’investir dans un poney. On demande avec Julien à Oscar le chauffeur combien coûte un cheval ; il nous répond environ 300 dolars. Ça reste envisageable, on va y réfléchir.

Ce soir, on a encore une soirée, décidément, ça n’arrête pas, on n’aura mangé qu’une seule fois à la maison cette semaine ! Hier soir, on a goûté les poupousas, la spécialité salvadorienne, en compagnie de Damien, un collègue de bureau, et de Julien. C’est une tortilla de farine de mais avec un fourage à l’intérieur, basiquement composé de fromage et haricot, mais le haricot est remplacé par toute sorte de légumes, courgettes, épinards... Ca peut paraître super lourd, mais en fait, la garniture est légère et c’est plutôt une réussite. Une petite photo à l’appui vous aidera bientôt à vous faire une idée plus précise du poupousa. Et puis on s’est rendu dans l’unique bar du village, une place à l’égérie du Che, bon normal, on est dans un bastion révolutionnaire à Suchi ! D’ailleurs, on a pas mal parlé politique, je commence à appréhender un peu mieux l’engagement politique, les opinions des uns et des autres, leur façon de voir l’avenir pour leur pays...

A la prochaine pour le récit du FAMEUX mariage....

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