jeudi 15 mai 2008

Les petits chevaux du Salvador

Les petits chevaux du Salvador sont une richesse pour ce pays ; dans la campagne, l’utilisation principale se fait pour mener les troupeaux à paitre, et puis aussi pour porter des paquets. Ils ne tirent pas de charrettes, les bœufs, bien plus massifs et d’une puissance sans doute incomparable à celle des poneys, leur sont préférés. Je me suis toujours étonnée de l’absence de petits chevaux au Vietnam et en Asie en règle générale ; les deux souvenirs que j’ai sont rares.

Le premier date du Cambodge, où dans une communauté, ils possédaient de nombreux poneys qui servaient à tirer des charrettes pleines de cailloux en remplacement de véhicules. Le second me vient de Saigon, et l’hippodrome où des petits poneys s’essoufflent sur le champ de courses avec de petits jockeys d’à peine 10 ans sur le dos !


Ici, il se passe difficilement un jour sans qu’on voie passer un poney, en liberté dans le village, ou monté par un petit vieux qui passe dans le centre à toute vitesse sur son petit cheval pas ferré. Les rues étant faite de gros pavés pas harmonisés, ils se sont habitués à évoluer sur ce sol incertain, et développe des allures à la solidité impressionnante : le plus souvent, ils galopent des antérieurs et trottent des postérieurs. C’est bien rare qu’il marche au pas, ou alors c’est un pas très actif, une espèce de trot sans temps de suspension, très confortable. Ils sont de toutes les couleurs, j’ai notamment vu quelques palominos absolument magnifiques ! Naturellement, pas de selle anglaise, le choix se fait entre la selle américaine, et une espèce de selle en bois, au siège plat, avec de grands morceaux de cuir pendant sur le côté pour la descente de la jambe mais sans étrier.

Pour notre randonnée de samedi dernier, nous avions un entier de trois ans que Laure a monté au début et que j’ai pris ensuite, car avec la présence de la petite jument de trois ans également, il était un peu pénible. Et puis Sam est tombé sur un petit gris, plus robuste que les deux nôtres, à la bouille sympathique ! Une selle américaine, un licol pour le poney de Sam et une vaste cordelette passée autour du nez de la jument de Laure et pour moi, un petit licou et une corde qui me permet de fabriquer un semblant de rênes pour maîtriser le droite gauche. On a fait une bonne partie de la ballade au pas puisque nous étions sur les flancs du Volcan Guazapa, bastion des guérilleros pendant la guerre des années 1980. Cratères de bombes, trous pour se dissimuler, ruines de village détruits et abandonnés, la ballade est instructive, mais les petits chevaux peinent un peu dans les routes de pierres assez pentues. Ils nous arrivent de mettre pied à terre pour les soulager un peu…

Et puis vient le chemin du retour et quelques terres plates : l’envie nous prend de tester les allures de nos petites bêtes ; On s’élance tout en sachant très bien qu’on n’a pas de frein ! Pour ma part, l’étalon s’énerve un peu mais s’avère assez facile à arrêter, et Sami colle le sien dans mes fesses. Mais Laure, après être parvenue à arrêter une première fois sa petite jument de tête, se fait définitivement ramener sur le macadam jusqu’à la maison de la bourrique sans rien pouvoir contrôler. Nous la rattrapons derrière au petit galop, pour un vrai moment de bonheur et quelques bons fous rires à la clef !

Il faut savoir que les poneys ici sont montés très jeunes, et meurent tôt également, aux alentours des 10 ans. En ce moment, dans les campagnes, les poulains commencent à naître, et c’est adorable de les voir évoluer sur leurs longues jambes à coller leur mère, le long des routes, en toute liberté. Même s’ils paraissent tous un peu fragiles, ils sont en réalité super tonique, marchent d’un pas assuré et transpirent à peine sous la chaleur impressionnante…

Voilà, maintenant que nous connaissons un peu les chemins, l’idée est de trouver deux poneys à louer et d’aller se balader par nous-mêmes quand nous aurons un peu de temps.

lundi 12 mai 2008

Il suffira d'un signe....

Je dois me sentir obligée de croire au signe qui a été envoyé de je ne sais où cette fin de semaine. Rappelez-vous, dans un de mes derniers posts, je vous disais que c’était bientôt l’anniversaire de Jean-Claude, mon mouton. Et bien la semaine dernière, nous avons reçu un mail par Hospitality Club (site internet qui met en contact les gens qui voyagent et ceux qui ont un toit à offrir, notre maison-sans-mur est sur le site…) d’un jeune Rennais en tour d’Amérique, du Mexique à l’Argentine, pour un an. Il s’appelle Samuel (sic) et a passé le WE à la maison avec nous.

Il est arrivé vendredi soir, à point nommé pour une petite soirée à la maison avec tous nos amis qui ont profité de nos talents de cuisinières une fois de plus ! Samedi matin, nous avions prévu avec Laure d’aller faire un peu de poney ; Sam s’est joint à nous pour une petite ballade de deux heures sur le volcan Guazapa. Cela fera l’objet d’un autre post sur les petits chevaux du Salvador, car je sens que la plume me démange sur ce thème !

Nous avons passé l’après midi à loquer, à lire, à hamaquer, à chanter avec Sam qui voyage avec sa guitare et qui a pu jouer son répertoire francophone pour notre plus grand plaisir commun ! Et puis (je viens d’être interrompue par une autre araignée géante qui escaladait mon ordinateur, arghhhh, je vis perpétuellement sur le qui-vive…) on a attaqué la soirée avec un jeu de post-it sur le front, qui suis-je, plutôt formateur en espagnol ! Et puis et puis le Necio (petite photo avec Chapatin, le doyen, qui adooooore danser avec Laure, ses seins arrivent juste sous ses yeux, ça lui plait assez!), voilà, un samedi à Suchi de plus. On a beau être plein de résolutions pour aller crapahuter le lendemain, ce qui implique de se coucher tôt, on réussi quand même à s’éterniser autour de la guitare, sans se lasser…. (et là, ils sont tous à côté de moi encore en train de chanter, un ami salvadorien s’est joint à nous, le répertoire est anglophone maintenant).

Réveil matin, j’me réveille pas comme une fleur, besoin d’un doliprane, la faute à un malheureux verre de chaparo, la liqueur locale qu’on s’est senti obliger de faire goûter à Sam ! Le détour par le bouiboui pour manger le petit dèj salvadorien est obligé, on est dimanche ! Il est temps de se mettre sérieusement en route. On attrape le bus vers San Salvador qui nous dépose 20 minutes plus tard dans une Comunidad, El Milingro, que Julien connaît bien puisqu’elle fait partie de son projet d’aménagement du territoire, c’est Sa Colima à lui ! Sur ses cartes, il localise une rivière, la mission, c’est de la trouver, et de la descendre jusqu’au lac. Vaste projet !

C’est après un seul essai infructueux (à savoir une descente dans un ravin qui ne nous botte pas des masses !) qu’on tombe sur un petit chemin escarpé qui nous mènera à la rivière : et là, le chemin qui nous attend est long, parsemé d’embuches, non balisé et bourré de bêtes dangereuses ! Nous sommes revenus piqués par les orties, mordus par les fourmis, agressés par des guêpes de compet’, maltraités par les pierres qui se défilent sous nos pieds avec l’espoir de nous envoyer à l’hôpital-tout-pourri-de-Suchi pour entorse ou cheville cassée ! Nous nous lançons à l’assaut de la caillasse gentiment, parce que l’attirance des piscines naturelles est terrible avec la chaleur qu’il fait ! J’ai envie de jouer à Tomb Rider avec ce décors de Jungle ; on escalade des troncs, on passe dans les lianes, on tombe dans l’eau sans le faire exprès, bref, c’est la fête. Mais au fur et à mesure de la journée, on sent bien qu’il devient urgent d’avancer un peu, l’objectif Lac ne sera finalement pas atteint ! La petite pause déjeuner était bien légère avec une invention culinaire réussie, le sandwich avocat-banane, complètement improbable me direz-vous, mais si, ça marche ! Les pierres semblent faites à notre dos pour une petite sieste, quel bonheur !

Enfin le pont qui veut dire route qui veut dire pick-up potentiel qui veut dire économie de deux heures de marche alors qu’il est presque 17h, et que la lumière du jour décline. Mais il faut encore marcher, avant de trouver la famille qui voudra bien de nous dans sa voiture, nous tout mouillés, nous tout sales, nous tout nous quoi !

Et les images de la journée dans la jungle !


On commence sur des sentiers rouges de terre battue, ce qui est assez rare par ici!

Un cimetière d'arbres

Les premiers pas dans la jungle!


Une jungle qui se fait de plus en plus verte

avec une végétation des plus luxuriantes!

Les acrobates du dimanche...

Le dernier passage difficile où on n'a plus envie de se mouiller les pieds!

jeudi 8 mai 2008

Colima, troisième manche

Je ne sais pas bien si mes journaux de terrain à Colima vous intéressent autant que les récits semi-paradisiaques de week-end, mais je m’éclate toujours à les faire, mais ne vous sentez pas obligés de tout lire !

La troisième semaine de terrain a Colima s’est avérée gratinée comme je l’annonçais précédemment ! Nous avons fait l’erreur gravissime de décider de ne partir que sur l’heure de midi puisque la première réunion de la journée est à 13h30 (bon, il est 15h, forcément, on est toujours entrain de se raconter des banalités car il manque la moitié des membres de la directive…). Erreur gravissime donc pour plusieurs raisons :

La première est qu’on a fait le choix de cuisiner un peu moins et d’acheter notre poulet/riz a emporter pour un peu plus de facilité ; n’empêche qu’avec un sac a dos avec ordi et matériel de base dont a besoin une fille « pas trop fille » dans un pays en développement pendant deux jours pour conserver son odeur fraiche et agréable, des sacs de légumes, pates, agréments en tout genre parce qu’on se lasse vite des carottes râpées nature, et de nos plats à emporter-qu’il-faut-tenir-bien-droit-pour-pas-que-ça-coule ; bref, toutes ces choses pour nos quatre petites mains, nos grandes jambes et les bus adaptés a la taille des locaux (voir pour comprendre la photo avec notre petite vieille de la Hacienda, elle fait le taille standard, j’ai l’air d’un monstre à côté), ça donne un plan complètement galère…

La deuxième est qu’à cette heure de la journée, il fait tellement plus chaud qu’à 8h le matin… No more comment !

La troisième est que le changement de bus implique un arrêt le long d’une route hyper fréquentée, en plein soleil, de quoi attraper des coups de soleil ou une insolation en 5 minutes d’exposition…

Tout ça pour dire que déjà, ça commence fort…

Réunions pas si impossibles que ça à organiser l’après-midi, nous apprenons plein de choses (je pourrais vous parler du fonctionnement de toilettes sèches pendant des lignes si vous êtes demandeurs !) et puis à 18h, comme il nous manquait encore je sais plus trop quoi, ah oui, de l’eau ( !), on s’achemine avec l’objet de notre dernière entrevue, Pascual, le Président de l’Association de Développement Social et Economique de Colima, vers sa maison où sa femme tient un petit commerce où l’on pourra trouver l’essentiel. Pascual était un de ces méchants du début, qui nous regardaient bizarrement et faisaient exprès de mal parler pour qu’on passe encore plus pour des boulets (crise de paranoïa à peine avancée…) ; et puis en fait, il a compris qu’on pouvait servir à quelque chose, qu’on était présentes toutes les semaines, à l’heure aux réunions, engagées et volontaires, et donc son regard a un peu changé, mais pas tant que ça son accent en fait… Chez lui, assez fier, il nous présente sa femme, ses trois enfants dont deux font des études, son Bambi dans le magasin (un vrai, je ne sais pas comment il a mis la main sur une bête pareille…), et ses petits chatons. On papote un peu, ça s’appelle la socialisation pour le travail, et ça n’a rien de désagréable !

De retour à la Hacienda, pas de piscine puisqu’il est déjà bien tard, et puis en plus, comme l’eau contient du fer, au contact du chlore, elle devient bizarre, verte comme un étang, même si on voit le fond, c’est pas super ragoutant.

Mais c’est bien du lendemain dont on peut dire que ce fut une journée folklorique. Sur le coup des 3 heures du mat’, Brocolina a encore sévi. Elle est venue comme si de rien n’était s’installer confortablement sur mon drap blanc. J’ai beau adorer les chats, je n’aime dormir qu’avec le mien qui n’a pas de puces et qui ne mange pas de chauves-souris. Tant qu’elle était au bout du lit, je l’ai laissée, mais à un moment, je me suis étirée et la saleté a saisi l’occasion au vol pour venir se caler entre mes guibolles ; comme elle faisait sa toilette et qu’elle n’arrêtait pas de bouger, j’ai dit oust ! Elle est allée se caler sans attendre sur le lit de Laure qui dormait profondément ; celle-ci s’est réveillée un peu plus tard, a senti le chat sans savoir que c’était un chat, et comme j’avais vu un rat dans le toit la veille, a donné un grand coup de pied pour se débarrasser de la chose-non-identifiée-dans-son-lit. Brocolina a valsé sur le sol, a retenté mon lit sans plus de succès, il faisait décidément beaucoup trop chaud pour qu’un chat dorme dans mes pattes !

Le lendemain matin, le programme de la journée commence par un atelier sur la séparation des déchets à l’école ; on arrive à l’heure, notre collègue Conchi a une heure de retard, et pendant ce temps, on assure le divertissement du mois à l’école ! Vous vous direz sans doute : « mais qu’est ce qu’elles foutent à l’école à faire de la formation sur les déchets ? » !! A juste titre… C’est Conchi qui se chargeait de faire la formation, nous, on était là pour se mettre au courant de tous les projets qui ont trait à l’aménagement du territoire (oui, les déchets en font partie bien sûr !). Les gamins scotchaient donc vraiment sur nous deux, y’en a carrément un qui ne nous a pas lâchées, qui nous a même touchées pour découvrir je ne sais quoi ; les petits sont curieux, les ados nous regardaient carrément différemment, genre « pourquoi vous pénétrez sur notre territoire vous deux… ? ». C’est assez marrant de voir que de 3-4 ans à 15-16 ans, ils partagent tous la même cour de récré ! On a vite repéré les mauvaises habitudes ; ils passent leur temps en récré (on a été là toute la matinée, ils sont restés en classe à peine une heure) et donc passent leur temps à acheter des saloperies à grignoter on à boire. Le pourcentage d’obèses est déjà grand dès le plus jeune âge. On a expliqué à Conchi qu’en France, les distributeurs de bouffe et boisson étaient interdits dans les écoles, elle en était sidérée !

Cela a été le début d’une grande conversation sur les us et coutumes salvadorien et français, et le plaisir de nous sentir enfin capable de tenir une discussion sur des sujets improvisés au fur et à mesure. On a notamment beaucoup ri sur le chemin du retour à la Hacienda pour déjeuner : nous nous sommes arrêtes pour acheter des tortillas, la galette de mais locale qui accompagne tous les repas. J’en commande deux pour Conchi et moi, la vendeuse s’étonne « seulement deux, mais la jeune fille là-bas ?» en désignant Laure un peu en retrait ; « Non, elle n’en prend pas, elle n’aime pas ça ! ». Et là, elle m’a regardée avec une tête et des yeux ronds, c’était comique ! Le clash des cultures, ou comment c’est possible de ne pas aimer les tortillas…

L’après-midi, réunion dans le jardin d’une habitante du caserío El Valle (un caserío est comme un quartier) ; la réunion est prévue depuis la semaine dernière, l’objectif est de trouver des volontaires pour faire une étude de génération de déchets (pesage, tri…) afin de mettre en place le système de collecte de déchets de la Comunidad. Actuellement, ils brûlent tout, c’est très toxique, et je ne vous parle même pas de tout ce qui traine et qui n’appartient à personne et qui n’est pas brûlé… Et là, c’est la blague, le match de foot Barcelone/Madrid nous concurrence sérieusement, ils ne sont qu’une poignée à la réunion. Mamamia, comment peut on travailler… Alors on attend patiemment que ça arrive au compte-goutte, et puis on arrive quand même à trouver nos 20 volontaires. Ma seule intervention sera pour expliquer qu’il faudrait prendre l’habitude d’aller faire ses courses avec des sacs en tissu ou autre pour diminuer la quantité de plastique. Quand je leur raconte qu’en France, on ne donne plus de sacs plastiques dans les supermarchés, j’ai de nouveau droit aux yeux ronds, j’adore !

Ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’en attendant la fin du match et nos clients, on a papoté avec Wilfredo le conseiller municipal qui nous disait de ne pas prendre nos ordis avec nous pour venir ici parce qu’il y a de sérieux risques de braquages de bus ; ah oui, effectivement sur le chemin du retour, on s’est fait arrêté par les….

… flics (z’avez eu peur, hein…), qui faisait un contrôle parce qu’il y a eu du grabuge plus tôt dans la journée. Super rassurant. Et puis 20 minutes plus tard, c’est un gros camion arrêté en plein milieu de chemin qui nous empêche de passer : des gars sont en train d’essayer d’embarquer une vachette un poil rétive ; on attend patiemment, mais on finit par exploser en fou rire, ce sont les nerfs de ces deux journées bien remplies qui lâchent ! Et qu’est ce qu’il nous a paru long ce trajet de retour. Ah, faut avoir le cœur bien accroché dans ce pays quand même !!!

L’histoire ne dit pas ce qu’il adviendra de la vachette après un démarrage en trombe du camion qui la transporte et une succession de virages ultraserrés pris sans considération de la pauvre bête qui se trouve balottée à l’arrière : m’étonne qu’elle voulait pas monter la pauvre…

mercredi 7 mai 2008

Un petit mot doux

J'avais envie de me faire un tout petit post pour le plaisir!

Pour information, tout vos commentaires nous font beaucoup rire, ma maman et moi.

Martine construit une station d'épuration, c'est pour bientôt, je dois aller en visiter une au Guatemala pas tard si le responsable qu'on avait rencontrer au mariage se manifeste rapidement!

La photo de la mygale devrait être en publication d'ici la fin de la semaine

Je vous prépare un autre post bien gratiné comme dirait Christèle sur notre dernier périple à Colima, mais c'est tellement compliqué toutes ces histoires de connexion internet, qu'il faut s'accrocher pour tenir ce blog au top niveau! La suite vendredi très probalement...

D'où mon absence excusable je crois sur le site des truffes; mais je pense bien à vous mes loulous!

Je vous fait plein de gros bisous, vous me manquez tous, je pense bien à vous

Et n'oubliez pas l'anniversaire de Jean Claude la semaine prochaine, il se prépare pour vous faire un post du fond du jardin où il a élu domicile, c'est moins peuplé de bêtes bizarres là-bas...

lundi 5 mai 2008

un week end entre mer et montagne

Le Salvador est un de ces pays où il est facile de passer de la mer à la montagne en 45 bus et autant de minutes.

On a failli aller aux manifestations pour le 1er mai, plus de 20 bus partaient de Suchi pour la capitale, et puis non, la perspective vacances l’a emporté…

Nous sommes donc partis en direction du plus haut village du Salvador, Alegria (1700 mètres), jeudi matin, après un petit déjeuner typique bien sûr… Les protagonistes, nous, les trois petits français coopérants de Apoyo ; Dani, la copine argentine de Julien ; et Koki, un ami salvadorien de la maison que celui-ci fréquente depuis plus longtemps que nous/locataires, c’était un package, Koki et la maison ! On prend tout, ou rien …

Bref, nous voilà sur les routes, et bien vite arrivés au pied de Alegria, reste la montée à effectuer et un bus toutes les heures : lors d’une petite pause à déguster un licuador (milk shake avec les fruits locaux) au pied de la montagne, on fait la rencontre d’une petite vieille qui doit monter également à Alegria ; l’avantage de parler la langue des locaux, c’est qu’on adopte les méthodes adaptées à la situation beaucoup plus vite. En la matière, j’ai découvert la pratique du stop auprès des pick-up qui passent devant les présupposés « arrêt de bus » où on attend patiemment (ça commence à s’éclaircir un peu le fonctionnement, mais ce n’est pas super évident…). Grimpette en pick-up donc, les cheveux au vent et l’air qui se rafraichît au fur et à mesure de la montée, un vrai bonheur !

Nous voilà arrivés dans un petit village au charme incontestable ; on se met en quête d’un toit, et c’est carrément une petite maison pour nous 5 qu’on va trouver, à prix raisonnable. La propriétaire nous a laissé la clef et on ne l’a revue que le lendemain. Avec une cuisine à disposition, Koki a pu nous faire profiter d’un talent certain en matière de préparation de petit dèj’, je suis définitivement fan… !

Après le traditionnel riz/poulet du midi (seul plat à moins de deux dollar dans ce pays, qui se trouve à peu près dans n’importe quel kiosque ou petit comedor (stade avancé du resto de rue)), on se met en route pour la lagune de Alegria qui se trouve en altitude, mais dans un volcan, ça je ne sais pas, l’ascension était brumeuse et je ne me suis pas bien rendue compte de par où nous passions. Pendant le déjeuner, le mari de la dame qui faisait à manger nous à fait la causette et nous à raconter des légendes sur cette lagune, avec des histoires de sirènes, de mirage… La lagune est connue pour son eau avec du souffre ; le paysage est un brin apocalyptique, mais un fond musical et quelques gens du coin qui sont venus profiter du jour férié démystifient les lieux. Nous ne nous lasserons pas de cet air frais, assis sur un coin de cailloux, à faire des ricochets et à manger des galettes rose et verte fluo de la taille d’un ballon de basket, mais toute plates.

Voilà, la principale attraction d’Alegria étant sa lagune, on s’est remis en route dès le lendemain matin pour 45 nouveaux bus, direction la baie de Jailisco, et une île que Koki connaît mais qui n’apparaît sur aucune carte. Nous avons beau être un peu sceptiques, on arrivera à bon port après avoir pris notre dernier moyen de locomotion, une pirogue à moteur, avec un plaisir certain !

Nous arrivons donc sur une île qui respire le calme. Un petit ponton bien photogénique, deux bungalows au confort rudimentaire, des toilettes sèches et des hamacs, le décor est planté pour deux jours complets de farniente car il n’y a absolument rien à faire sur cette île ! On a marché les pieds dans l’eau sur des kilomètres, on s’est baigné à n’en plus pouvoir tantôt dans les eaux calmes de la baie, mais aussi plus loin, sur la plage immense où les vagues reprennent leurs droits et où il n’y a rien d’autres que des troupeaux de vaches et de chevaux qui passent.

Samedi matin, on a pris notre petit dèj de céréales et de lait (achetés dans un centre commercial à un arrêt de bus puisqu’il n’y a rien sur cette île) sur la plage, accompagnés de noix de coco fraîches, sans âme qui vive aux alentours…

Et puis Julien m'a laissé donner libre cours à mon inspiration avec un ciseau sur ses cheveux, le résultat lui plait, j'en avais toujours rêvé, je l'ai fait!

De retour sur l’heure de midi, on croise des pêcheurs qui viennent d’attraper deux énormes raies. Ils les vendent à un prix dérisoire, à peine un dollar. Julien l’a ramenée et il a demandé à la cuisinière de nous la préparer, ce fût un vrai succès. Et quel plaisir de manger autre chose que du riz avec du poulet ! Afin de faire des économies,

on mange systématiquement des pupusas le soir, c’est ce qui se fait de moins cher et pour l’instant, je ne m’en lasse pas ; dans la mesure où c’est la spécialité nationale,
ça se trouve même sur une île riquiqui.





Les gens vivent dans des petites baraques qui donnent toujours l’impression de ne pas être finies. Les enfants passent leur journée à jouer dans l’eau, je n’ai pas pensé à demander s’ils allaient à l’école parce qu’on était en WE. Les cochons bicolores viennent aussi se rafraîchir au bord de l’eau. De nombreux bateaux colorés sont arrimés sur la plage, probablement utilisés à des fins de pêche ; ils portent des noms qui nous ont bien fait rire, du genre turbo special, primera classe… Un tantinet loin de la réalité !

Et puis sonnera l’heure du retour, des bus qui se laissent clairement moins appréciés dans ce sens; arrivés à Suchitoto, on décide de se faire plaisir et d’aller manger dans un restaurant argentin qui n’est ouvert que le dimanche. Julien et Dani connaissent bien les propriétaires et on a mangé comme des rois une viande succulente et cuisine à merveille! Et puis rangement de la maison, 2 sacs de fringues à laver à la main, toutes les choses qui vous font réaliser que les délires sur une île déserte, ce n’est pas la vraie vie !

Quand je m’apprête à aller me coucher, j’aperçois non sans faire un saut de deux mètres en arrière Camille sur le mur extérieur principal. La joie passée d’avoir pu faire une photo pour attester à vos yeux de la présence d’une mygale dans la maison, j’apprécie nettement mois sa façon de se déplacer sur ce mur comme si elle était une habituée des lieux et je commence à me dire que l’accès à mon lit n’a rien d’impossible pour elle. A vrai dire, je n’ai pas bien dormi cette nuit, allez savoir si c’est la faute à Camille ou au trop plein de sommeil du WE qui a fait beaucoup de bien…

mercredi 30 avril 2008

Martine et les Chauves-souris


Un chat mangeur de chauve-souris, ça n’a rien d’extraordinaire me direz-vous : un chat, sauvage (ou pas d’ailleurs), ça mange des souris en toute impunité, qu’elles soient chauves ou pas… N’empêche que quand on a vu Brocolina, la loque de la Hacienda, venir croquer une petite bête brunes aux ailes repliées, on a quand même un peu halluciné ; il faut dire que dans la mesure où le plan de délogement des chauves-souris dans notre maison a complètement échoué, le nouveau mot d’ordre étant « les chauves-souris sont nos amies », la vue de cette petite bête sans défense, dans les griffes d’un gros chat trop nourri pour avoir besoin en plus d’extras, nous a sincèrement fait de la peine… Nous avons d’abord cru Brocolina incapable d’une telle prouesse ; la chauve-souris est habile, quoi qu’en dise Laure qui s’en est prise une, petite, en plein front… Nous pensions la première déjà morte. Mais c’est que la sale bête a remis le couvert une deuxième fois, sous notre nez bien sûr, avec les petits bouts d’os qui croquent sous la dent pour nous mettre en appétit !

Et je me suis dit que cette expérience était l’occasion rêvée de vous faire enfin un post, que je pensais réserver aux enfants initialement, mais qui amusera sans doute tout autant les grands : nos amis les bêtes du Salvador.

Momo

Commençons par mon chat, c’est bien normal (il a une autorisation de séjour temporaire dans ma maison, mais si je le vois avaler une chauve-souris ou un gecko, c’en est fini de nous deux…). Il s’appelle donc Momo, en hommage à mon chat vietnamien que j’ai laissé derrière mois en quittant ce beau pays, une larme à l’œil. Contrairement à Momo Premier, Momo 2 est un petit modèle, gourmet et moins câlin que son prédécesseur, mais je l’aime quand même.



Richard

Je crois qu’il est mort car nous ne l’avons pas vu dans la maison depuis longtemps ; son nom de baptême est sorti tout seul de ma bouche, j’espère que mon aîné de frère ne m’en voudra pas. Il nous a empêché de dormir une nuit en faisant l’exploration intégrale de nos sacs. On s’habituait bien à lui ans la mesure où deux de tension, il ne risquait en aucun cas de parvenir à sauter sur nos lits.



Camille

La mygale, malheureusement, je n’ai pas de photos : la bête se déplace un peu vite, et je ne l’ai vu qu’une fois, ce lundi. Julien l’a découvert au pied de son lit avant d’aller se coucher, quelle surprise ! Nous avons essayé de la chasser avec un manche a balai, elle s’est réfugié dans un sac que l’on s’est quasi empressé de mettre dans la jardin pour la laisser réintégrer son milieu naturel sans danger. Je pense qu’on la reverra, j’espère que je ne marcherai jamais dessus pieds nus.

Paulette, Micheline, Pierrette, Suzette, Suzon (la jumelle) et Boris

Elles cohabitent avec Laure, font caca sur nos vêtements, nous réveillent à 5h du matin quand on ne porte pas les boules quies, mais ont ce charme de l’animal déconcertant qu’on croyait immonde jusqu’au jour où on parvienne à l’observer peinard…


Le Scorpion

Je ne peux pas lui trouver un petit nom dans la mesure où il a fini en bouilli sous la semelle de Julien celui-là ; mais une semaine plus tard, ils en ont vu un deux fois plus gros dans la maison, qui s’est carapaté dans le jardin. Animal peu amical



L’Iguane

Il vit dans le jardin, on l’observe de temps en temps ; anim

al amical mais peureux, peu de commentaires à faire dessus si ce n’est que sa présence de lézard peut être complétée par celle de tous les geckos qui trainent dans la maison, des petits Freddy en puissance qui me rappellent ma maison et mon colloc’ de Saigon.



Le Torogoz enfin, baptisons le collectivement Azul, enfin un peu de poésie dans ce monde de brutes.

A dire vrai, je ne sais pas si c’est toujours le même qu’on voit sur l’arbre mort du jardin


La seule conclusion au sujet de l’oiseau emblème du pays, c’est que c’est un oiseau super rapide/peureux compliqué à prendre en photo.

Pour ce qui est de la maison, je pourrai compléter avec le Tacuasin

qu’on a vu deux fois, c’est dégueu, un gros rat de la taille de Brocolina, mais bon, c’est le seul marsupial d’Amérique latine, alors je me résigne à trouver un intérêt à cet animal…

Voilà, sinon, on est mercredi soir, et je suis en WE…

Bisous à tous !




lundi 28 avril 2008

Un dimanche à Suchi

Ce fut un de cas week-end reposant où on prend le temps de découvrir le coin sans sentir le besoin d’aller bien loin ; et nos amis de SS ont réussi à se bouger les fesses, c’est un peu l’équivalent de faire descendre des parisiens pour aller passer un dimanche en Province… !

Petite soirée improvisée samedi soir où les verres se sont vite accumulées et où les pupusas de 21h se sont laissées apprécier pour nous remplir l’estomac (spécialités locales, seul aliment trouvable « à peu prêt » à toute heure du jour et de la nuit !); je commence à reconnaitre un peu les têtes d’ici, à faire le hug de bienvenue (embrassade à l’américaine), à me comporter comme une habituée des lieux (c’est qu’il y en bien peu dans le village des lieux collectifs, et les nouvelles têtes sont les bienvenues !). Voilà, une soirée qui n’a d’insolite que la rencontre avec un métisse salvadorien/brésilien de Porto Alegre ; l’occasion de discuter de cette ville qui, j’aurais envie de dire, m’a obsédée toute l’année scolaire, et puis non, pas tant que ça en fait…

Ce dimanche, nous sommes allées avec Laure faire nos aventurières de compet’ : en la matière, l’objectif de l’aprem consistait dans la remontée du lit d’une rivière où les gens du coin aiment à venir pique niquer et se baigner dans les endroits un peu profond. La ballade a cheval qui était prévue initialement a été reportée à une autre fois pour cause de WE avec un seul jour et la motivation décroissante à la perspective de devoir se lever à 6h du matin pour notre jour de repos…

Voilà, c’est court, comme le WE, mais j’ai hâte de retourner bosser demain, un programme des plus intéressant nous attend avec une petite virée à Colima, et puis surtout, le WE qui commence mercredi soir. Je ne donnerai plus de nouvelles avant la semaine prochaine, alors bon 1er mai à tous !

samedi 26 avril 2008

journal de terrain: Colima

Deux journées de travail passées à Colima ; deux têtes blondes lâchées dans la nature avec des vieux de la veille qui cherchent un peu à leur faire peur ; une zone lacustre avec des ennemis moustiques qui lancent des attaques à la chaîne ; une Hacienda déserte à la tombée de la nuit rien que pour nous deux en plein brousse, avec une seule petite lumière pour nous éclairer et un frigo vide, pas un seul étal aux alentours pour acheter deux-trois fruits/légumes pour s’alimenter ; le décor de cette première mission de terrain est planté !

Heureusement qu’on avait anticipé ! En bonnes bretonnes que nous sommes, nous nous étions préparé de quoi survivre alimentairement parlant pendant deux jours, avec des crêpes, des fruits et des légumes. Pas de quoi s’enflammer mais de quoi se nourrir ! Nous sommes donc parties chargées comme des mules pour Colima, Jeudi au petit matin. Il nous aura fallu un peu moins de deux heures pour rejoindre la Hacienda où nous commençons à négocier le programme de la journée : visite de la réserve protégée le matin, le village pour l’aprem.

C’est avec un membre de la coopérative que nous connaissons déjà, Donahi, et un ancien garde-forestier, Rafael, que nous partons en pick-up pour la réserve. On fait un petit tour de la réserve jusqu’à un mirador-que-je-serais-pas-monté-dessus-si-le-garde-forestier-était-pas-passé-devant-moi-tant-ça-paraît-tout-fragile… Bon, de là-haut, rien à dire, la vue est chouette, il y a des belles fleurs, et si nous avions été chanceuses, nous aurions pu voir des tatous et des serpents. Mais on n’avait pas trop le temps de faire nos touristes. Nos accompagnateurs sont curieux sur le mode classique : qu’est ce que deux jeunes filles de 23 ans viennent faire ici ? Vous avez des petits copains ? Ah bon, vous n’êtes pas américaines ? Cela a le don d’énerver Laure que les gens nous croient systématiquement américaines…

Voilà, retour pour midi à la Hacienda, ils sont pressés d’aller manger, pas le temps d’aller voir les autres sites protégés du Canton ; On est bien barré vu que tout le monde se tire à 16h, ça va être pratique pour travailler !

L’après-midi, on se la fait en mode classique : visite des hameaux, triste constatation de l’état inexistant des infrastructures, des eaux usées qui stagnent dans les fossés en attendant les pluies, des petits chevaux qui viennent s’allonger pour se rafraichir dans les marécages d’eaux usées qui se forment autour des hameaux, des déchets omniprésents, de l’absence de lieux collectifs avenants… Bref, c’est un peu la désolation ce canton coupé par une rocade hyper fréquentée par des gros camions qui font un tintouin insupportable.

On fini tout de même cette étude de terrain par la découverte d’un terrain absolument magnifique : c’est un grand parc, entretenu par la coopérative ; il y a deux terrains de foot, des bancs à l’ombre, une herbe qui ne donne qu’une seule envie, se rouler dedans !!! Mais quelques minutes à peine suffisent à nous désillusionner : l’endroit est infesté de moustiques… et pas de petits riquiquis !

C’est dommage, parce qu’on peut y observer des Torogoz, l’oiseau local magnifique, des petites perruches, et des arbres immenses, les mêmes que ceux qui se sont fait leur place dans les ruines d’Angkor il me semble, des eucalyptus…

Sur ce, il est 16h passé, l’heure de rentrer à la Hacienda pour que les membres de la coopérative nous enferment dans notre prison dorée… Avant la tombée de la nuit, on trouve quand même le temps de piquer une tête dans notre piscine privée rien que pour nous ! A 18h30 il fait nuit, et une ampoule faiblotte éclaire le cloître de la Hacienda ; toujours des chauves-souris en guise de compagnie, et une grosse chatte qui vit ici, Brocolina, et qui a l’air bien contente de voir des gens se mouvoir dans la Hacienda après 16h… Au loin, le trafic de la rocade s’est calmé, les cigales ont pris le relais, et il fait tout noir… On a plus qu’à manger nos carottes râpées et à aller se coucher, on peut même pas bouquiner, et chose étonnante par ici, il n’y a pas de hamac pour se laisser aller à des rêveries éveillées. Et dire qu’ils veulent faire de cet endroit un lieu de passage touristique ! Comment dire…

Réveillées de nombreuses fois au cours de la nuit par des zzzzzzzzz persistants dans les oreilles, et Laure qui se réveille pour de bon à 6h30 avec un œil impossible à ouvrir : ils ont frappé très fort…

De 7h30 du mat’ a midi passé, on passera notre matinée à tirer les vers du nez de façon un peu décousue à tous les gens qui passent dans le cloître ; techniquement, il y a une réunion du comité sur les déchets (3 « fous » qui essaient de penser le système différemment, et c’est bien louable de leur part…) à 8h, mais bon, heure salvadorienne avec retard inclus donne un début de palabre sur le coup de 11heures.

Le désastre organisationnel de ce comité est la cerise sur le gâteau, la moitié des gens ne sont pas là, bref, on en profite pour aborder un peu d’autres thèmes utiles à notre étude.

Allez, il est midi et demi, et là, la faim nous taraude et le retour sur Suchi s’annonce comme un parcours de combattant sous la chaleur torride. 4 litres du sueur plus tard laissés sur les fauteuils miteux de nos bus locaux, nous revoilà au bureau ; commence le long processus de compilation des informations, de rédaction des comptes rendus, de batailles entre le binôme parce qu’on comprend pas toujours la même chose (ben oui, à force de faire des mixages linguistiques chelou sur nos carnets de note, on s’emmêle un peu les pinceaux…), de repos enfin ; un repos bien mérité dans la maison de Dani, notre amie argentine, qui nous a concocté un bon petit dîner et un super film brésilien à suivre. Voilà, après l’effort, le réconfort, on a de la chance que ça marche comme ça pour nous ici parce que c’est le cas de bien peu de terriens…